9 avril 2021


Amis lecteurs (ou moins lecteurs !), philosophes et/ou grands curieux, voilà une petite présentation des trois ouvrages qui occupent actuellement nos élèves volontaires de Terminale dans le cadre du Prix Lycéen du Livre de Philosophie 2021, sur des thèmes aussi divers que la monnaie, le vivant et la liberté intérieure... 


Pour rappel : nos élèves rencontreront les trois philosophes contemporains, auteurs de ces livres, le 12 mai après-midi par visioconférence intéractive !


1.  Paul CLAVIER : Par ici la monnaie ! Petite métaphysique du fric, Editions du Cerf, juin 2020, 192p.


La monnaie ? Inventée, croyait-on, pour faciliter l’échange des biens et des services, elle est devenue signe de division et facteur d’inégalité. Le crédit ? Instauré pour faire circuler la monnaie et libérer l’initiative, il a fini par écraser États et particuliers sous le poids de la dette.Le coupable tout trouvé, c’est « la finance » : marchés dérégulés, actionnaires sans cœur, fonds d’investissement indifférents au sort de la planète. Mais à quoi bon dénoncer la cupidité des uns et la rapacité des autres, si on n’en dévoile pas les ressorts ? La source de notre asservissement est peut-être cachée dans le tréfonds de nos mentalités. Et si le vilain petit financier, c’était chacune et chacun d’entre nous ? Face à un krach boursier ou une pandémie, l’État est capable de s’endetter massivement. Ce qui repose la question de fond : qui, en définitive, doit quoi à qui ? Enjambant les débats ésotériques, cette Petite métaphysique du fric interroge ce qu’est la monnaie dans nos têtes, ce qu’elle devient entre nos mains, et défie notre tendance à désigner les coupables sans nous remettre en cause.



2. Baptiste MORIZOT : Manières d’être vivant,  Actes Sud, 2020, 325 p. avec la postface d’Alain DAMASIO.


Imaginez cette fable : une espèce fait sécession. Elle déclare que les dix millions d’autres espèces de la Terre, ses parentes, sont de la “nature”. À savoir : non pas des êtres mais des choses, non pas des acteurs mais le décor, des ressources à portée demain. Une espèce d’un côté, dix millions de l’autre, et pourtant une seule famille, un seul monde. Cette fiction est notre héritage. Sa violence a contribué aux bouleversements écologiques. C’est pourquoi nous avons une bataille culturelle à mener quant àl'importance à restituer au vivant. Ce livre entend y jeter ses forces. En partant pister les animaux sur le terrain, et les idées que nous nous faisons d’eux dans la forêt des savoirs. Peut-on apprendre à se sentir vivants, à s’aimer comme vivants ? Comment imaginer une politique des interdépendances, qui allie la cohabitation avec des altérités, à la lutte contre ce qui détruit le tissu du vivant ? Il s’agit de refaire connaissance : approcher les habitants de la Terre, humains compris, comme dix millions de manières d’être vivant.


3. Claude ROMANO : La liberté intérieure, Une esquisse, Hermann, septembre 2020100 p.


La liberté est-elle un pouvoir neutre et indifférencié de choix et d’action qui est octroyé à tout individu, et qu’il exerce identiquement avec tout autre, ou n’est-elle pas plutôt une capacité qui n’échoit qu’à lui seul d’accomplir son être propre dans ce qu’il a d’unique? En souscrivant à la seconde branche de cette alternative, Claude Romano s’efforce de préciser les conditions de possibilité de qu’il appelle «liberté intérieure», c’est-à-dire la capacité de vouloir et de décider en l’absence de conflit intérieur, de telle manière que cette volonté et cette décision expriment l’être que nous sommes et manifestent un accord de cet être avec lui-même. En soulignant les limites de la conception largement dominante, de Platon à Harry Frankfurt, de cette liberté comme une subordination de nos désirs et tendances affectives spontanées aux «désirs de second ordre» qui découlent de notre réflexion rationnelle, l’auteur défend une conception originale de l’autonomie qui rejette une telle hiérarchie. Il étaye son propos par l’analyse d’un exemple littéraire, la décision finale de la Princesse de Clèves dans le roman éponyme de Mme de Lafayette.