20-Apr-18
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Ce jeudi 19 avril, dans la salle de réunion,  Fatoumata élève de TES au LAC a remporté la finale du concours des plaidoiries pour les droits de l’homme. Il s’agit d’un prix qui récompense les meilleures plaidoiries pour ce qui concerne la problématique de la défense de la dignité  humaine. Sa thèmatique est « Migrants et refugiés, ces voyageurs indésirables » La lauréate  explique le choix de ce sujet par rapport à son pays, la Guinée. Elle a voulu sensibiliser  les milliers de jeunes compatriotes qui forcent  les portes de l’Europe au prix de leur vie. Elle dédie ce prix à sa mère et à tous ses amis qui l’ont soutenue.

C’est l’histoire de jeunes syriens, soudanais et guinéens, les uns fuyant la guerre qui ravage leur pays, les autres fuyant le désespoir et la misère vers une vie meilleure.  C’est aussi la condamnation d’une politique qui en aucun cas ne peut résoudre le phénomène de l’immigration. Un mélange qui à énormément plu à notre jury composé de quatre membres.  

« Dalmar et Ahmed sont deux jeunes syriens arrivés en Hongrie après  un long et pénible voyage. Espérant fuirent leur enfer, le rêve se transforme ,en Hongrie, en  persécution, humiliation et privation des  droits essentiels. » Voici l’histoire de ces jeunes syriens telle que nous l’a décrite Binta.

Pendant que le public s’imagine cette histoire, la lauréate nous parle d’une autre migrante, « Mariam, une jeune soudanaise. Celle-ci avait fuit les conflits qui déchirent son pays. Avec en mains ses deux enfants et enceinte d’un troisième. Après un périlleux voyage, elle arrive en Lybie, terre de transite qui constitue la partie la plus sombre pour les migrants africains. C’est là que leur destin a basculé de mal en pire, alors qu’elle aura déboursé près de huit mille dollars pour son voyage.»  Ce n’est pas tout, il y a aussi celle d’Ousmane, un jeune guinéen qui a perdu tous ses compagnons en méditerranée, pris de panique, il décide de rebrousser chemin. Avec ces histoires, elle plonge le public dans un monde ou l'homme n'est plus que matière marchande déshumanisée. La lauréate considère cela comme un outrage à la  conscience humaine. Elle condamne le trafic de migrants, appelle à l’éradication des camps de concentration dans ce pays.  Ce qu’elle dénonce de plus c’est la politique de l’Union Européenne envers ces migrants.  « Pendant que la demande d’asile ne cesse d’augmenter à cause des climats politiques au Moyen-Orient et en Afrique centrale, l’Union Européenne   encourage la politique de fermeture de  ses frontières. » Pour Binta, cette politique ne résoud en rien la crise migratoire. Par contre, elle conduit les migrants à se cacher et à servir d’objet pour les personnes qui les détiennent en cachette.

En dix minutes, Fatoumata Binta BALDE a su convaincre le jury tant par son éloquence que par la pertinence de son sujet.

Le 2e prix reviendra à  Adama GAUMET qui avait pour thème, ‘’Les petites mains des décharges’’

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Heritiana MENDIAKA et Nana KABA se partageront le 3e prix ex aequo. L’une nous parle de la prostitution de mineurs à Madagascar sous le thème ‘’ Une enfance mise à nue sur l’Île rouge’’, l’autre attire notre attention sur les crimes dans les prisons sous le thème « La torture, nouvelle arme contre le terrorisme ? ».

A signaler que 11 élèves ont participé à cette finale dont, en plus des noms déjà cités ci-dessus.Vous avez Ayoub KHAFY et Robinson VAITILINGOM qui ont dénoncé les drones dans, ‘’Les drones, une nouvelle arme qui ignore les droits humains’’, Mounya NTAMBWE qui a défendu la cause des  femmes dans, ‘’Plus qu’un simple corps’’, Maniyan SANDE qui appelle à l’abolition de la peine de mort dans ‘’Non à la peine de mort’’, Lina LHALOU, elle, raconte le quotidien des femmes marocaines sous le thème ‘’Dans les rues ils sont les chasseurs et elles les proies ‘et enfin Kadeejah KALLO qui nous a rappelé la guerre oubliée du Yémen avec son sujet ‘’ Yémen, une guerre réduite au silence’’.

Chacun dans son style,  son langage et avec ses arguments a tenté de convaincre l’opinion, comme l' exige la règle du concours. Un concours organisé annuellement par le Mémorial de Caen avec pour objectif majeur de sensibiliser  les foules aux innombrables   atteintes aux droits de l’homme.